À partir du 15 août, les voyageurs à destination de l’Espagne pourraient rencontrer des désagréments en raison de la grève nationale organisée par les deux plus grands syndicats espagnols.
La mobilisation concerne le personnel employé par Azul Handling, la société qui fournit des services d’assistance au sol pour le compte de Ryanair dans les aéroports espagnols. L’Unión General de Trabajadores (UGT) et la Confederación General del Trabajo (CGT), deux des syndicats les plus influents du pays, ont appelé à une longue série de journées de grève qui pourraient compromettre la régularité des vols pendant toute la seconde moitié de l’année.
La première vague de grèves est prévue du 15 au 17 août, en pleine période de pointe touristique estivale. Cependant, la protestation ne s’arrêtera pas là : elle se poursuivra tous les mercredis, vendredis, samedis et dimanches jusqu’au 31 décembre. Un impact significatif est donc à prévoir sur la mobilité de millions de voyageurs, y compris ceux qui ont prévu leurs vacances en Espagne ou qui transitent par les aéroports espagnols.
Ryanair, compagnie aérienne leader dans le pays en termes de nombre de passagers transportés, risque de faire face à des semaines de tension et de désagréments pour ses clients, tandis que les syndicats accusent l’entreprise et ses partenaires de graves violations des droits des travailleurs. Voici tout ce qu’il faut savoir à ce sujet.
Grève nationale chez Ryanair : tout ce qu’il faut retenir
La grève débutera officiellement le 15 août 2025 et durera initialement trois jours consécutifs (du 15 au 17). Cependant, le véritable problème sera sa poursuite à long terme : selon les syndicats, les journées de grève se répéteront tous les mercredis, vendredis, samedis et dimanches jusqu’au 31 décembre. Un scénario qui pourrait paralyser les activités de la compagnie low cost dans l’un de ses marchés les plus importants.
La protestation concerne le personnel employé par Azul Handling, la société responsable des services au sol pour Ryanair dans les aéroports espagnols. Cela représente plus de 2 600 employés opérationnels (personnel au sol, pilotes et agents de bord) sur un total d’environ 6 500 employés de Ryanair présents en Espagne. La grève se déroulera en trois tranches horaires chaque jour :
- 5h00 à 9h00 ;
- 12h00 à 15h00 ;
- 21h00 à 23h59.
Les douze bases opérationnelles de Ryanair dans le pays sont concernées, à savoir les aéroports de :
- Madrid ;
- Barcelone ;
- Malaga ;
- Valence ;
- Séville ;
- Alicante ;
- Palma de Majorque ;
- Ibiza ;
- Tenerife ;
- Lanzarote ;
- Gérone ;
- Saint-Jacques-de-Compostelle.
Les aéroports de Madrid et Barcelone risquent notamment d’être les plus perturbés, car il s’agit de hubs à fort trafic et aux nombreuses liaisons internationales. Selon AENA, l’autorité aéroportuaire espagnole, Ryanair a transporté plus de 32,6 millions de passagers entre janvier et juillet 2025, soit une augmentation de 6,6 % par rapport à la même période en 2024. Ces chiffres confirment la place centrale de la compagnie sur le marché espagnol et permettent de comprendre l’ampleur de l’impact potentiel sur les voyageurs.
Toutefois, la compagnie tente de rassurer : selon Alicia Wojcik-Golebiowska, responsable de la communication pour l’Europe centrale et orientale, aucune interruption des vols n’est prévue, car le personnel concerné est externe et tout sera mis en œuvre pour garantir le bon fonctionnement des opérations.
Quelle est l’origine de cette grève nationale de grande ampleur ?
À l’origine de la grève, il y a une série de plaintes déposées par les syndicats contre la gestion du travail au sein d’Azul Handling. Selon l’UGT, le personnel serait soumis à des pressions et à des contraintes pour effectuer des heures supplémentaires, tant obligatoires que dites « volontaires », et serait puni par des sanctions jugées disproportionnées en cas de refus. Certains travailleurs ont été suspendus jusqu’à 36 jours sans salaire, une mesure que le syndicat qualifie de « punitive et intimidante ».
En outre, l’UGT reproche à Ryanair et à sa filiale le manque d’emplois stables, l’abus des contrats à durée indéterminée à temps partiel et l’impossibilité pour de nombreux travailleurs de passer à un emploi à temps plein. Le non-respect de la convention collective du secteur est également signalé, notamment en ce qui concerne les indemnités et les garanties d’emploi.
Le syndicat accuse également Azul Handling de limiter illégalement la reprise du travail après un congé de maladie, de ne pas permettre la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et d’avoir systématiquement ignoré les décisions de la commission paritaire qui supervise l’application de la convention. Afin de trouver une solution, la section aéronautique de la FeSMC-UGT a déjà déposé une demande de médiation officielle auprès du Service interconfédéral de médiation et d’arbitrage (SIMA), étape obligatoire avant le déclenchement d’une grève nationale. Toutefois, selon le secrétaire fédéral du secteur, José Manuel Pérez Grande, l’entreprise n’a montré aucune volonté de dialogue ou de compromis.
Les syndicats dénoncent une stratégie de l’entreprise visant à créer un climat d’insécurité et de pression constante sur les travailleurs, en violant les droits fondamentaux et en ignorant toutes les revendications syndicales. En l’absence de réponse concrète de la part de la compagnie, la protestation devrait se poursuivre pendant longtemps, avec des conséquences encore inconnues pour les voyageurs et le secteur touristique.







