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Cet automne, easyJet ouvre une ligne directe Nantes – Essaouira, à raison de deux vols par semaine. Une annonce discrète, mais qui confirme une tendance de fond : la petite ville portuaire de la côte atlantique marocaine n’est plus une simple excursion depuis Marrakech. Elle devient une destination à part entière, avec ses propres liaisons aériennes. Reste à savoir si le vol direct est toujours la meilleure option.
Un aéroport qui grandit plus vite que la ville
Pendant longtemps, rejoindre Essaouira depuis la France supposait un passage obligé par Marrakech. Le petit aéroport d’Essaouira-Mogador ne voyait passer que quelques rotations. La situation a basculé en 2025 : Ryanair a lancé un Paris-Beauvais – Essaouira fin mars, easyJet a rouvert un Lyon – Essaouira suspendu depuis le Covid, et la compagnie dessert aussi la ville depuis Bordeaux. Nantes complète désormais la carte.
Les chiffres suivent. Sur les neuf premiers mois de 2024, l’aéroport a accueilli 171 892 passagers, contre 132 553 un an plus tôt, soit une hausse de près de 30 %. Le Conseil provincial du tourisme comptait alors 25 rotations hebdomadaires et vise une croissance du trafic de 20 à 30 % par an.
Vol direct vers Essaouira ou escale par Marrakech ?

Le vol direct a un atout évident : il évite la route. Mais avec deux à trois fréquences par semaine selon les lignes, il impose ses dates. Un séjour de quatre ou cinq jours devient vite difficile à caler, et les tarifs grimpent dès que les vacances scolaires approchent.
L’alternative reste Marrakech, desservie quotidiennement depuis la plupart des grands aéroports français. Depuis la gare routière, une dizaine de cars partent chaque jour vers la côte, opérés notamment par Supratours et CTM. Comptez environ 3 heures de trajet et autour d’une dizaine d’euros l’aller simple. Ce détour a même un intérêt : il permet de combiner deux étapes, en passant une ou deux nuits pour visiter Marrakech avant de rejoindre l’océan.
Dans les deux cas, le billet low cost n’est pas le seul poste à surveiller. Sur ces lignes, le prix affiché exclut souvent le bagage en soute : bien choisir son bagage cabine peut faire une vraie différence sur une semaine de voyage. Et la période des billets à prix cassés n’est plus tout à fait celle d’avant, comme le montre notre analyse sur la fin annoncée des vols low cost.
Plus d’un million de touristes par an
Côté hébergement, les établissements classés ont enregistré plus de 1,24 million de nuitées en 2025, en hausse de 7 %, avec un taux d’occupation moyen de 57 %. Mais ces statistiques ne racontent qu’une partie de l’histoire. Pour Redwane Khanne, président du Conseil provincial du tourisme, la ville a franchi un cap en 2024 en accueillant « plus d’un million de touristes », location de courte durée comprise. Selon lui, l’hébergement informel pèse au moins deux fois plus que le parc hôtelier officiel.
Ce phénomène n’est pas nouveau. Depuis des années, des riads de la médina sont rachetés et rénovés par des Européens ou par des descendants d’anciens habitants. La ville compte aujourd’hui environ 12 000 lits classés, et le projet de station de Mogador doit en ajouter près de 4 000 d’ici 2028. Pour le voyageur, c’est plutôt une bonne nouvelle : l’offre reste large, du riad familial à la maison d’hôtes haut de gamme.
Quand partir à Essaouira et que faire ?

Essaouira doit beaucoup à son vent. Le Taros, l’alizé local, souffle presque toute l’année. Il attire les kitesurfeurs et rafraîchit la ville en plein été, quand Marrakech suffoque sous la chaleur. En contrepartie, la plage se prête mal au bronzage les jours de forte brise.
Le reste tient au patrimoine. La médina, dessinée en damier à la fin du XVIIIe siècle à la demande du sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah pour en faire un port royal tourné vers l’Europe, est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2001. Orson Welles y a tourné une partie de son Othello, et les années 1970 en ont fait une étape du circuit hippie. Aujourd’hui, le spectacle quotidien des barques bleues qui rentrent au port suffit souvent à remplir une matinée.
Côté calendrier, le temps fort reste le Festival Gnaoua et Musiques du Monde, organisé chaque année fin juin. L’édition 2026, la 27e, a réuni 460 artistes du 25 au 27 juin. Ces dates font aussi grimper les prix de l’hébergement : mieux vaut réserver tôt, ou viser l’arrière-saison.
Avec un vol direct deux fois par semaine d’un côté, et trois heures de car depuis Marrakech de l’autre, la vraie question c’est combien de temps vous comptez y rester ?







