
Le budget pour l’année 2025 a été finalement adopté ; comportant notamment la taxe de solidarité sur les billets d’avion, aussi connue sous l’acronyme de TSBA. Voici ce qu’il faut retenir à ce sujet.
Une hausse à compter du 1er mars prochain
La TSBA n’est pas une nouveauté puisqu’on la doit au Président Jacques Chirac qui l’a instaurée en 2006 avec une première hausse en 2020. A l’origine, elle servait à financer des pays en voie de développement, même si ce but premier a été quelque peu délaissé pour d’autres projets. Même si le texte n’est pas encore passé devant le Sénat, la taxe va connaitre une revalorisation et ce, à compter du 1er mars 2025.
Cela fait grincer des dents dans le secteur du tourisme et chez les acteurs du transport aérien. Cependant le gouvernement entend bien, grâce à la nouvelle hausse de cette taxe, récupérer jusqu’à 850 millions d’euros de recettes pour les vols pour la France ou l’Europe. Seulement 210 millions iront au développement. Pour le reste, la somme servira pour financer des infrastructures de transport en France et combler le déficit du pays.
Mais comment justifier une telle hausse ? La Ministre des Comptes Publics aimerait que l’on voie en elle comme une taxe contre le kérosène et donc une taxe en faveur de l’environnement. Le montant de cette taxe est corrélé au prix du billet d’avion et donc à la classe, mais aussi au type d’avion.
Economique, classe affaires ou première classe, vols intra européens ou de plus de 5 500 km : le montant de la taxe peut être, dans certains cas, tout simplement doublé ; allant jusqu’à 2 100 euros pour les destinations longue distance et le type d’avion. La distinction de montant de taxe en fonction du type d’appareil est jugée « excessive et injuste » par l’EBAA France qui estime que le monde de l’aviation est durement touché par cette hausse.
La colère gronde dans le monde de l’aviation
Même s’il faut attendre une validation au niveau européen, on sait d’ores et déjà que le niveau de la taxe ne devrait pas bouger pour les dessertes aériennes de la Corse et des territoires ultramarins. Le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes s’est réjoui de cet amendement qui vient geler le montant de la taxe, même s’il déplore l’alourdissement de la fiscalité du transport aérien de manière générale.
En effet, déjà en 2024, soit l’année dernière, ce secteur pâtissait déjà la TEILD (La Taxe sur les Infrastructures de Longue Distance). L’augmentation de la TSBA ; doublant parfois sur les autres dessertes, va peser lourd. La « stabilité fiscale » est demandée par la FNAM qui ne veut pas servir de « variable d’ajustement ». Est-ce que cette décision ; prise dans le budget 2025 pourrait avoir des conséquences négatives pour la France ? Cela est possible si l’on en croit le directeur de Ryanair qui évoque la possibilité de réduire les opérations dans les aéroports français.
Les autres pays européens ont réduit les taxes sur l’aviation afin que les acteurs puissent financer leur transition écologique. Cette mesure française va à contre-sens, ce qui expliquerait sa décision possible.