Le tourisme est un moteur important de l’économie et une source de fierté notre pays, mais il entraîne également des désagréments indéniables pour les habitants. Le flux de touristes assure la subsistance de nombreuses villes et villages, mais lorsqu’il est incontrôlé et mal géré, il a un coût très élevé pour les résidents et les administrations. Il y a les risques liés à la sécurité, à la pollution et à la préservation du patrimoine, accentués par le passage de nombreuses personnes, sans oublier les répercussions économiques, qui sont loin d’être négligeables. Le principal problème pour les résidents est le logement, difficile à trouver et de plus en plus cher.
Des mécanismes que les français, certains plus que d’autres, connaissent malheureusement très bien, comme tous ceux qui vivent dans une localité touristique. Pour résoudre ces problèmes, il ne faudrait pas éloigner les touristes, mais trouver des solutions de compromis qui permettent de préserver la qualité de vie des habitants. Des équilibres fragiles et pas toujours possibles, comme celui qui s’est créé, non sans peine, à Saint-Guilhem-le-Désert.
Saint-Guilhem-le-Désert, la ville aux 800 000 touristes
Cette petite ville du nord du département de l’Hérault en Occitanie, de seulement 250 habitants accueille jusqu’à 800 000 touristes par an, mais elle est lasse de le faire et de voir son identité complètement bouleversée. C’est pourquoi ses habitants font pression sur la municipalité et utilisent les médias pour revendiquer leurs droits, et ils ont déjà obtenu quelques résultats…
Nous avons déjà souligné sur Eurolines les problèmes liés au tourisme de masse, mais essayons d’imaginer comment ils se multiplient lorsqu’il y a un tel déséquilibre entre la population et les touristes de passage. Saint-Guilhem-le-Désert, petite ville de L’Hérault, à 45 kilomètres au nord-ouest de Montpellier, a été complètement bouleversée par sa renommée, et pas dans le bon sens.
Le village regorge de beautés environnementales et offre certains des plus beaux paysages de tout le pays, mais les vagues de tourisme de ces dernières années sont alimentées par sa popularité sur les réseaux sociaux, notamment TikTok.
Saint-Guilhem-le-Désert a été mis en avant dans plusieurs vidéos virales, séduisant les utilisateurs avec des promesses de paix, de tranquillité, de rythmes lents et de coins secrets à explorer. Ainsi, chaque année, il accueille au moins 600 000 touristes, parfois jusqu’à 800 000 personnes, ce qui est tout à fait insoutenable pour la petite ville. Cependant, ce que les habitants déplorent le plus, ce sont les changements dans leurs habitudes et leurs coutumes, l’intrusion dans leur espace quotidien et le rythme de vie qui doit être complètement revu.
L’intusion, au quotidien
Comme l’expliquent certains habitants de Saint-Guilhem-le-Désert, les citoyens ne se sentent pas libres d’organiser leur vie comme ils l’entendent, car ils doivent nécessairement se plier au tourisme.
« Il faut choisir quand se promener ou faire du shopping, supporter le bruit permanent et se faufiler dans la circulation pour gagner le centre-ville… »” témoigne un habitant.
Pour une petite ville comme celle-ci, le poids du flux touristique est plus lourd que jamais, affectant directement la vie quotidienne et les habitudes de la population locale.
Le conseil municipal a toutefois commencé à accueillir les protestations des résidents, en adoptant progressivement des mesures visant à garantir à la fois le confort des touristes et celui des habitants. L’administration intervient principalement sur les parkings et les liaisons, pour lesquels elle a mis en place un service de navettes qui permet des déplacements efficaces sans trop perturber le bien-être des citoyens. Le problème est toutefois répandu dans de nombreux villages similaires aux quatre coins de l’Europe, qui regorgent de localités attrayantes parce qu’elles sont considérées comme tranquilles et discrètes.







