Ces dernières années, Internet et les réseaux sociaux ont amplifié le bouche-à-oreille et les avis, permettant de se faire son idée sur des destinations de voyage très lointaines, grâce aux expériences partagées par des millions d’autres voyageurs dans le monde. Mais les destinations les plus connues ne sont pas toujours les meilleures.
Au contraire, maintenant que le tourisme de masse est de plus en plus développé, les endroits moins connus se révèlent être souvent des merveilles à explorer. En général, les habitants de ces lieux hors normes se divisent en deux groupes : ceux qui cherchent à promouvoir les qualités de leur territoire et ceux qui veulent le préserver à tout prix de l’attention du public.
Les voyageurs confrontés à ces dynamiques sont tout aussi divisés, entre ceux qui préfèrent les destinations habituelles ou les plus populaires et ceux qui recherchent à tout prix un endroit exclusif et de niche. L’histoire de l’île introuvable sur Google et qui n’accueille que 200 personnes par semaine en est la parfaite illustration.
L’île introuvable sur Google
Ces dernières heures, les passionnés de voyage ont été confrontés à une nouvelle pour le moins bizarre : une île où sont admis au maximum 200 touristes par semaine, si bien protégée qu’elle est introuvable sur Google et même sur les cartes. Des milliers d’internautes ont cru à une arnaque ou une fake news, d’autres ont été interpellés par les premières lignes mais n’ont pas approfondi la question.
La nouvelle de l’île qui ne “se trouve nulle part” provient en effet de Humo, un journal néerlandais comportant une vaste rubrique consacrée à l’humour et à l’ironie. Il ne s’agit ni d’une supercherie ni même d’une actualité, mais d’une satire consciente et déclarée qui ironise sur diverses tendances liées aux voyages.
Ceux qui ne connaissent pas la rubrique de Humo et se sont arrêtés au titre de l’article auraient toutefois pu croire à l’existence de cette île mystérieuse et exclusive, à tel point que plusieurs recherches ont été effectuées sur le sujet ces dernières heures dans les moteurs de recherche.
Attention, il ne s’agit pas d’une fake news, mais d’une blague volontairement exagérée pour ironiser sur la communication qui tourne autour du thème des voyages, et pas seulement. En effet, l’article met également en évidence la manière dont les utilisateurs abordent les informations.
L’île qui n’existe pas…
Humo évoque une île inconnue, introuvable sur les moteurs de recherche ni même sur les cartes, « par la volonté des résidents ». Le tour-opérateur fictif interviewé, dont le nom même est un jeu de mots, explique que le mystère de l’île est voulu par les habitants eux-mêmes, afin d’éviter qu’elle ne soit utilisée pour le trafic de drogue, la traite des êtres humains, comme paradis fiscal ou qui sait quoi d’autre.
En outre, ils veulent se défendre contre les fake news qui pullulent sur le web, comme c’est le cas pour des pays tels que Sylvia, Xanadu, Lilliput et Utopia, sur lesquels « vous trouverez d’énormes quantités d’informations, mais qui n’existent pas en réalité », alors que « San Mirado ne fait jamais la une des journaux ».
On ne donne même pas d’emplacement précis, mais seulement une distance de 3 heures de vol de Bruxelles, avec un acompte de 10 000 euros. Toute cette fake news suit cette veine, en en rajoutant de plus en plus avec ce procédé narratif qui nous fait réfléchir aux préjugés qui entourent les destinations de voyage, ainsi qu’aux réactions face à un certain type d’informations.
La conclusion, avec des spécialités telles que la confiture de colibri, vient souligner l’absurdité de l’ensemble, sans parler du fait que 200 touristes par semaine y sont accueillis parce qu’« il n’y a que 200 hôtels ». L’œuvre est rendue encore plus amusante par le fait qu’il existe effectivement des « îles mystérieuses », dont la présence sur des cartes désormais obsolètes ne trouve aucun écho dans la géographie actuelle, ainsi que d’autres anecdotes similaires.







